Recherche action participative pour soutenir les proches des personnes ayant un trouble mental et des comportements violents

Résumé du projet

Bien que la majorité des personnes qui vivent avec un trouble mental grave (TMG) ne sont pas violentes, des enquêtes épidémiologiques et des méta-analyses confirment que le risque de comportements d’agression et de violence est plus élevé que dans la population générale 1-4. Les victimes sont souvent les membres de l’entourage, en particulier les proches aidants 5, les personnes vivant avec un trouble mental grave étant plus susceptibles de demeurer de façon prolongée au domicile familial 6,7. Les conséquences de ces comportements sont dévastatrices et les familles se trouvent souvent dans des situations délicates où elles doivent considérer à la fois des enjeux légaux, émotionnels et de sécurité. Très peu d’études ont abordé les besoins de soutien aux familles qui accompagnent leur proche avec un TMG en contexte de violence intrafamiliale et peu de services ont été développés pour leur venir en aide. En plus de ces lacunes dans les données scientifiques, des besoins de connaissances ont été identifiés par deux co-chercheuses de l’équipe avec un savoir expérientiel et par notre partenaire CAP santé mentale, fédération provinciale qui regroupe une cinquantaine d’organismes de proche-aidance en santé mentale. Par une recherche action participative, cette étude permettra de mieux comprendre les besoins et les expériences des familles. Elle permettra aussi de développer un guide numérique destiné aux proches ainsi qu’un guide réflexif et de formation pour les intervenants. De plus, ce projet jettera les bases d’une communauté de pratique intersectorielle sur le soutien aux familles dans la prévention de la violence et de la judiciarisation des personnes présentant des TMG et des comportements perturbateurs.

Objectifs du projet

Ce projet de recherche vise à :

  • Outiller les proches de personnes ayant un TMG et vivant ou anticipant une situation de violence, par le co-développement d’un guide numérique qui leur est destiné.
  • Soutenir et développer les capacités des intervenants de différents secteurs en matière d’intervention, d’orientation et d’accompagnement des proches lors de ces situations.

Démarche de recherche

Afin d’orienter le processus de recherche en fonction des réalités du terrain, un comité consultatif composé de trois proches-aidants, trois patients-partenaires, trois cliniciens, quatre chercheurs et une coordonnatrice est mis sur pied. Par des rencontres mensuelles, ce comité entamera une démarche réflexive sur toutes les étapes du projet, proposera des actions concrètes et sera le protagoniste de certaines démarches spécifiques.

Ce projet de recherche action participative sera réalisé en trois volets et une stratégie de mobilisation des connaissances sera déployée durant toute la durée de l’étude. Le Volet 1 consiste en une recension des écrits qui suivra une démarche d’évaluation des technologies et modes d’intervention (ETMI) réalisée en deux phases parallèles: 1) une collecte de données contextuelles sur les pratiques actuelles au Québec; 2) une recension des écrits sur les pratiques de soutien, de prévention et de réduction de la violence en contexte familial, ainsi que sur les expériences des familles avec les systèmes de soin. Le Volet 2 est une étude qualitative s’appuyant sur une approche de théorisation ancrée qui permettra de documenter les expériences des proches en matière de violence, les processus de recours aux services lors de ces situations, et les besoins identifiés. Une trentaine de proches aidants seront rencontrés pour des entrevues de type “histoires de vies”. Le Volet 3 consiste en une enquête provinciale auprès de proches de personnes ayant un TMG afin de documenter les expériences et les besoins des familles accompagnant un proche ayant un problème de santé mentale et des comportements agressifs.

Coordonatrice et personne-ressource
Si vous avez des questions sur le projet de recherche, vous pouvez communiquer par courriel avec la coordonnatrice du projet, Daniela Perrottet, daniela.perrottet@douglas.mcgill.ca

Chercheurs et Chercheuses
Anne Crocker, Laurence Roy, Cécile Rousseau, Ashley Lemieux, Marichelle Leclair, Audrey-Anne Dumais-Michaud, João Da Silva Guerreiro, Carolle Brabant, Suzanne Péloquin, Mathieu Dufour, Christian Savard

Collaborateurs et collaboratrices
Lucien Dupuis, Luc Vigneault, Geneviève Lessard, Julie Tansey, Julie Bouchard, Marc-André Roy, Christiane Yelle

Organisme subventionnaire
Fond de recherche du Québec en Santé (2023-2026), Programme : Initiatives en santé mentale (Partenariat Innovation Québec- Janssen (PIQJ)) et une contribution financière de CAP santé mentale (https://www.capsantementale.ca/)

Références

  1. Douglas, K.S., Guy, L.S. & Hart, S.D. (2009). Psychosis as a risk factor for violence to others: a meta- analysis. Psychological bulletin 135, 679.
  2. Desmarais, S.L., et al. (2014). Community violence perpetration and victimization among adults with mental illnesses. Am J Public Health 104, 2342-2349.
  3. Fazel, S., Gulati, G., Linsell, L., Geddes, J.R. & Grann, M. (2009). Schizophrenia and violence: systematic review and meta-analysis. PLoS medicine 6, e1000120.
  4. Fazel, S., Långström, N., Hjern, A., Grann, M. & Lichtenstein, P. (2009). Schizophrenia, substance abuse, and violent crime. Jama 301, 2016-2023.
  5. Estroff, S.E., Swanson, J.W., Lachicotte, W.S., Swartz, M. & Bolduc, M. Risk (1998). Reconsidered: targets of violence in the social networks of people with serious psychiatric disorders. Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology 33, S95-S101.
  6. Goldman, H.H. (1982). Mental illness and family burden: A public health perspective. Psychiatric Services 33, 557-560.
  7. Fontaine, K.L. (2009).Mental health nursing, (Pearson)

Si votre situation requiert l’intervention des services d’urgence composez le 911.

Vous pouvez également vous présenter à l’urgence de l’hôpital le plus proche.

Pour rejoindre l’info-santé, composez le 811 (#1 conseils en santé, #2 conseils psychosociaux, #3 guichet d’accès à la première ligne)

Si vous avez besoin de soutien, plusieurs organismes communautaires sont là pour vous soutenir. Vous pouvez vous référer à CAP santé mentale, la fédération provinciale qui regroupe une cinquantaine d’organismes de proche-aidance en santé mentale :

CAP santé mentale

Téléphone : 1-855-272-7837

Lien internet : https://www.capsantementale.ca/ 

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